Linguisterie générale et autres menuiseries

Accueil > BABEL CIRCUS > Solstice tristesse

Solstice tristesse

Je publie aujourd’hui les notes qui ont accompagné mon passage du solstice cette année. Un recueillement que j’appelle : "Solstice tristesse". Où il est question d’espoir, d’amour, de rêve, d’océan et d’architecture, de manteau, de chanson et de matin tiède.
Des notes brutes partagées ici pour une fois, plutôt que dans le grand fleuve facebookien...

" Ce besoin de toujours traîner un corps dans ses rêves " - j’écris pour moi l’inverse : ce besoin de traîner un rêve dans mon corps

" Il est désespérant de devoir tout inventer, y compris l’espoir." - j’écris pour moi " tout inventer, y compris l’espoir ".

Les mots sont des vêtements endormis, Jean-Louis Giovannoni, Ed. unes, 2014.


" l’espoir porte un costume de plumes,
se perche dans l’âme,
et inlassablement chante un air sans paroles. "

Emily Dickinson

Camille
Je suis comme toi, j’ai aucune nostalgie du passé. J’attends tout de l’avenir (...)

Lorenz
Mais la vie n’est jamais comme tu l’attends. Ce rapport au monde que tu as fantasmé, il est toujours déjoué... C’est à toi de le transformer pour qu’il soit plus profond, plus... Vrai. C’est comme ça que tu deviendras toi-même.

Dialogue du film de Mia Hansen-Love, Un amour de jeunesse

Quand vous êtes assis dans une pièce sombre et que vous regardez un jardin éclairé par la lumière naturelle, vous pouvez commencer à sentir la relation fondamentale qui lie la lumière et l’obscurité, et la raison pour laquelle elles ont besoin l’une de l’autre pour s’exprimer. Je l’ai senti dans la maison de mon enfance. (...) L’ombre et l’obscurité contribuent à la sérénité et au calme. Je pense que l’obscurité offre la possibilité de réfléchir et de contempler.

L’équilibre entre la lumière et l’obscurité peut varier selon le contexte. Mais les zones d’obscurité sont fondamentales, et je pense même, pour employer une image, que ces zones communiquent avec des strates de création plus ou moins profondes. Il me semble que les philosophes et les poètes, et tous ceux qui passent une grande partie de leur vie en train de réfléchir à des choses essentielles ont, dans l’endroit le plus reculé de leur paysage mental, ce que j’appellerais une cicatrice. C’est quelque chose de profond en eux, ou dans leur passé, qui les amène à penser la vie d’une façon différente. Cette cicatrice leur donne envie de se battre et la force de s’exprimer.

Du béton et autres secrets de l’architecture, Entretiens de Michael Auping avec Tadao Ando lors de la construction du Musée d’art moderne de Forth Worth, L’arche, 2007

La maison doit plaire à tous. A la différence de l’œuvre d’art qui n’a besoin de plaire à personne. L’œuvre d’art est affaire privée de l’artiste. Ce n’est pas le cas pour la maison.
Adolf Loos


All that I have is a river
The river is always my home

Please help me build a small boat

The water sustains me without even trying

And the song in my heart
Is a tune for the journeyman’s tale

The water, Johnny Fynn et Laura Marling


Merci à la vie qui m’a tant donné
Elle m’a donné la marche de mes pieds fatigués
Avec lesquels j’ai parcouru villes et océans,
Plages et déserts, montagnes et plaines
Et ta maison à toi, ta rue et ton patio.

Merci à la vie, qui m’a tant donné
Elle m’a donné un cœur qui bouscule ses limites (...)
Quand je regarde le fond de tes yeux clairs

Merci à la vie, qui m’a tant donné
Elle m’a donné le rire, elle m’a donné les pleurs
Les deux composants de mon chant
De votre chant, qui est le même chant
Du chant de tout un chacun, qui est mon propre chant.

Merci à la vie de Violeta Parra


La fenêtre grande ouverte, elle s’est ouverte comme par enchantement
Ĺ´amour est entré avec son manteau, tel un matin tiède.

Revenir aux dix-sept ans, Violeta Parra

écrit ou proposé par Nolwenn Euzen mise en ligne le dimanche 22 juin 2014

Messages