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L’art comme expérience - notes pour aimer John Dewey (carnets ouverts)

Jackson Pollock par Goodnough


L’être vivant perd et rétablit de façon récurrente l’équilibre qui existe entre lui et son environnement. Le moment où il passe du trouble à l’harmonie est un moment de vie extrêmement intense.

Dans le processus de la vie, parvenir à une période d’équilibre c’est aussi initier une nouvelle relation à notre environnement, une relation qui contient en puissance de nouvelles adaptations que l’on devra effectuer en luttant. Ce moment de plénitude est aussi un nouveau départ. Toute tentative pour perpétuer au-delà de son terme le plaisir qui accompagne le moment de plénitude et d’harmonie entraine un retrait hors du monde. Elle devient alors le signe d’un affaiblissement et d’une perte de vitalité. Mais, à travers ces phases de perturbation et de conflit, le souvenir d’une harmonie sous-jacente demeure profondément ancré en nous, et le sentiment que nous en avons hanté notre existence, comme le sentiment d’être construit sur un roc.

L’être vivant adopte son passé (...) Chaque expérience doit sa richesse à ce que Santayana a appelé à juste titre les « réverbérations silencieuses ».


Marc Rothko

L’expérience, lorsqu’elle atteint le degré auquel elle est véritablement expérience est une forme de vitalité plus intense. Au lieu de signifier enfermement dans nos propres sentiments et sensations, elle signifie un commerce actif et alerte avec le monde.

Au lieu de signifier l’abandon au caprice et au désordre, elle fournit l’unique manifestation d’une stabilité qui n’est pas stagnation mais mouvement rythmé et évolution. Parce que l’expérience est l’accomplissement d’un organisme dans ses luttes et ses réalisations dans un monde d’objets, elle est a forme embryonnaire de l’art. Même dans ses formes rudimentaires, elle contient la promesse de cette perception exquise qu’est l’expérience esthétique.

Nous touchons les choses, mais ce contact reste tangentiel, car il ne se fond pas avec les qualités du sens qui se trouvent sous la surface. Nous utilisons nos sens pour éveiller la passion mais pas pour permettre le plein exercice de notre capacité de pénétration, non que cette capacité ne soit potentiellement présente dans l’exercice des sens, mais nous capitulons face à nos conditions d’existence qui contraignent les sens à demeurer une simple excitation en surface.

L’oeil n’est pas une sorte de téléscope imparfait conçu pour que la réception de matériaux dans l’intellect produise une connaissance des objets éloignés.

Le terme de « sens » recouvre une vaste gamme de contenus : le sensoriel, le sensationnel, le sensible et le sentimental, sans oublier le sensuel. Il inclut presque tout ce qui va du pur choc émotionnel et physique au sens lui-même c’est à dire la signification des choses présentes dans l’expérience immédiate.

Marc Rothko

Les sens sont les organes à travers lesquels la créature vivante participe directement à ce qui se passe dans le monde qui l’entoure. Par cette participation, le spectacle splendide et varié du monde devient pour l’être vivant une réalité par les qualités qu’il en perçoit. Cette perception de la réalité ne peut être opposée à l’action, car ce dispositif moteur et la « volonté » elle-même sont les moyens qui permettent la poursuite et l’orientation de cette participation.

Cette perception ne peut pas non plus être opposée à « l’intellect », car c’est l’esprit qui permet de rendre cette participation profitable par le biais des sens ; c’est par l’esprit que des significations et des valeurs sont extraites, conservées et réutilisées par la suite dans les échanges entre la créature vivante et son environnement.

L’expérience est le résultat, le signe, et la récompense de cette interaction entre l’organisme et l’environnement qui, lorsqu’elle est menée à son terme, est une transformation de l’interaction en participation et en communication.

L’art est la preuve vivante et concrète que l’homme est capable de restaurer consciemment, et donc sur le plan de la signification, l’union des sens, du besoin, de l’impulsion et de l’action qui caractérise l’être vivant.

Un pêcheur à la ligne peut manger le poisson qu’il a attrapé sans pour autant perdre la signification esthétique ressentie en lançant sa ligne et en pêchant. C’est ce degré de complétude de l’existence atteint dans l’action et la perception qui fait la différence entre ce qui est raffiné et esthétique en art et ce qui ne l’est pas.

L’introduction du surnaturel dans la croyance et le repli bien trop facile sur le surnaturel ont à voir avec la psychologie qui engendre les oeuvres d’art, bien plus qu’avec les efforts déployés pour en donner une explication philosophique et scientifique. Cela rend plus intenses les émois émotionnels et vient ponctuer l’intérêt qui naît de toute forme de rupture dans la vie quotidienne. Si l’emprise que le surnaturel exerce sur la pensée humaine était une question exclusivement intellectuelle, elle serait par comparaison insignifiante. Les théologies et les cosmogonies se sont emparées de l’imagination des hommes parce qu’elles ont été accompagnées de processions solennelles, d’encens, de robes brodées, de musique, de l’éclat de lumières colorées, d’histoires qui font naître l’émerveillement et produisent une admiration proche de l’hypnose. Plus exactement, elles ont touché l’homme en sollicitant directement ses sens et son imagination sensuelle.

Les arts n’avaient guère d’existence en marge de l’église, et les rites et les cérémonies de l’église étaient des arts accomplis dans des conditions qui leur conféraient un attrait émotionnel et imaginatif maximum.

Une passion sans exutoire possible engendre une tension nerveuse qui fait que le monde sensible nous apparaît avec un éclat et un relief renforcés. D’où cette sensualité convulsée et sauvage qui traverse toute la poésie du Moyen-Age.

Keats : se satisfaire d’une « demi-connaissance »
Shakespeare : « capable de demeurer dans l’incertitude, le mystère, de doute, sans rechercher avec obstination des faits et des raisons »


« Un tableau doit être une révélation, la résolution inattendue et sans précédent d’un besoin éternellement familier » Rothko, 1947

Bailey : « celui qui raisonne doit faire confiance à ses « intuitions », à ce qui vient à lui dans ses expériences émotionnelles et sensorielles immédiates, même s’il doit écarter les objections qui se présentent à son esprit au cours de sa réflexion. »
« l’esprit imaginatif simple peut trouver une récompense dans la répétition de ses propres processus silencieux visitant l’esprit avec une remarquable soudaineté ». Cette remarque contient une compréhension de la psychologie productive bien plus profonde que celle que l’on trouve dans bien des traités théoriques.

L’homme vit dans un monde fait d’hypothèses, de mystère et d’incertitude. Il est inévitable que sa « capacité à raisonner » lui fasse défaut, et ceci bien sûr est la doctrine qu’enseignent depuis longtemps ceux qui s’accrochent à la nécessité d’une relation divine. Keats n’acceptait pas ce supplément et substitut de la raison. La faculté de pénétration de l’imagination doit suffire.

Deux philosophies : l’une qui accepte la vie et l’expérience avec toutes ses incertitudes, ses mystères et ses doutes, et sa connaissance imparfaite, et fait se retourner sur elle-même cette expérience, pour en approfondir et en intensifier les qualités qui atteignent ainsi à l’imagination et à l’art.

La pensée procède par enchaînement d’idées, mais les idées s’enchaînent seulement parce qu’elles sont bien plus que ce que la psychologie analytique appelle les idées. Ce sont des phases, qui se différencient sur un plan émotionnel et pratique, d’une qualité sous-jacente qui se développe ; ce sont des variations qui fluctuent ; elles ne sont pas séparées et indépendantes comme les idées et impressions de Locke et Hume, mais sont des nuances subtiles d’une teinte qui progresse et se propage.

Rothko

Entre ces deux extrêmes, absence de but et efficacité mécanique, se situent des modes d’action qui, composés d’actes successifs, s’enrichissent d’un sens croissant, sens qui perdure et croît jusqu’à atteindre une fin ressentie comme la réalisation d’un processus.

Nous cédons au gré de pressions extérieures ou nous pratiquons l’esquive et le compromis. Il y a des débats et des fins mais pas d’authentiques initiations ou clôtures. Une chose en remplace une autre, mais il n’y a pas assimilation et poursuite du processus. Il y a expérience, mais si informe et décousue qu’elle ne constitue pas une expérience. De telles expériences sont anesthésiques.

Les ennemis de l’esthétique ne sont ni la nature intellectuelle ni la nature pratique de l’expérience. Ce sont la routine, le flou quand aux orientations, l’acceptation docile de la convention dans les domaines pratiques et intellectuels.

Aristote parle d’un "moyen terme proportionnel" pour désigner avec exactitude ce qui caractérise à la fois la vertu et l’esthétique. "moyen terme " et "proportion" ne doivent pas être pris dans leur sens mathématique d’origine : ils désignent en fait des propriétés caractéristiques d’une expérience dont le mouvement progresse vers son couronnement.

Cette clôture d’une circuit d’énergie est à l’opposé de la suspension, ou encore de la stase. Maturation et fixation sont des processus antinomiques.

L’expérience est celle d’une situation chargée de suspense qui progresse vers son propre achèvement par le biais d’une série d’incidents variés et reliés entre eux.

L’expérience est limitée par tout ce qui entrave la perception des relations entre éprouver et agir. Elle peut être gênée par une hypertrophie de l’agir ou par une hypertrophie de la réceptivité, de la phase où l’on éprouve. Le déséquilibre, qu’il soit d’un côté ou de l’autre, brouille la perception des relations et conduit à une expérience incomplète et déformée, dont la signification est maigre ou erronée.

L’esthétique ne s’ajoute pas à l’expérience de l’extérieur, que ce soit sous la forme d’un luxe oisif ou d’idéalité transcendante. Elle consiste en un développement clair et appuyé qui appartiennent à toute expérience normalement complète. Je considère ce fait comme la seule base sûre sur laquelle la théorie esthétique peut se fonder.

On fait une différence sur le plan de la perception et de l’appréciation de l’objet et ce, de façon directe. On constate ainsi que l’expérience esthétique, au sens restreint, est liée de façon inhérente à l’expérience vécue qui accompagne la fabrication.

La gratification sensorielle liée à la vue ou à l’ouie n’est pas esthétique en soi, mais dépend de l’activité dont elle est la conséquence.

Le fait de voir, d’entendre, de goûter devient esthétique quand la relation à une forme particulière d’activité modifie ce qui est perçu.

Quand nous manipulons, nous touchons et caressons ; quand nous regardons, nous voyons ; quand nous écoutons, nous entendons.

Différence perception / reconnaissance

La reconnaissance est une perception interrompue avant qu’elle ait eu une chance de se développer librement. Dans l’acte de reconnaissance il y a l’embryon d’un acte de perception. Mais on ne laisse pas à cet embryon la possibilité de se développer en une perception complète de la chose reconnue.

Lorsqu’il s’agit de reconnaissance, nous avons recours, comme pour un stéréotype, à un quelconque schéma préétabli. Un détail ou un assemblage de détails sert de déclencheur à la simple identification.

La perception remplace la simple reconnaissance. Il y a acte de reconstruction et la conscience est alors vive et animée. Dans ce cas, l’acte de voir implique la coopération d’éléments moteurs, même s’ils restent implicites et ne sont pas exprimés ; il implique aussi la coopération de toutes les idées déjà présentes qui peuvent servir à compléter la nouvelle image qui se forme. La reconnaissance est un acte trop simple pour susciter un état de conscience aigüe. Il n’y a pas assez de résistance entre les éléments nouveaux et anciens pour permettre que se développe la conscience de l’expérience qui est vécue. Même un chien qui aboie et remue la queue joyeusement au retour de son maître est plus animé à cette occasion qu’un être humain qui se contente d’une simple reconnaissance.

La perception est un acte de libération d’énergie, qui rend apte à recevoir, et non de rétention d’énergie. Pour nous imprégner d’un sujet, nous devons en premier lieu nous y immerger. Quand nous assistons à une scène de façon passive, elle nous submerge et, faute de réaction, nous ne percevons pas ce qui pèse sur nous. Nous devons rassembler de l’énergie et la mettre au service de notre faculté de réaction, pour être en mesure d’assimiler.

Artiste - spectateur : chez l’un et l’autre, il se produit un acte d’abstraction, c’est-à-dire d’extraction de la signification.

La phase émotionnelle relie les différentes parties et en fait un tout ; le terme "intellect" signifie simplement que l’expérience a un sens ; le terme "pratique" indique que l’organisme dialogue avec des événements et des objets qui l’entourent.

Dans toute expérience complète il y a forme parce qu’il y a organisation dynamique. Je qualification l’organisation de dynamique parce qu’il faut du temps pour la mener à bien, car elle est croissance, c’est à dire commencement, développement et accomplissement. Du matériau est ingéré et digéré, de par l’interaction avec l’organisation vitale des résultats de l’expérience antérieure qui anime l’esprit du créateur.

L’incubation se poursuit jusqu’à ce que ce qui est conçu soit mis en avant et perceptible en prenant place dans le monde commun. Une expérience esthétique peut être comprimée en un instant unique, seulement dans le sens où il peut y avoir culmination de longs processus antérieurs qui perdurent, sous la forme d’un mouvement remarquable qui incorpore tout le reste au point de l’effacer.

Ce qui donne à une expérience son caractère esthétique, c’est la transformation de la résistance et des tensions, ainsi que des excitations qui sont en soi une incitation à la distraction, en un mouvement vers un terme inclusif et profondément satisfaisant.

Tous les gains provenant de ce qui a déjà été réalisé sont périodiquement consolidés, et cela, toujours dans l’optique de l’étape qui va suivre. Si nous nous déplaçons trop rapidement, nous nous éloignons du camp d’approvisionnement du sens qui s’est construit - et l’expression est alors perturbée, appauvrie et confuse. Si nous tardons trop après avoir dégagé un certain bénéfice, l’expérience se meurt d’inanition.

L’acte d’expression

L’épiderme marque seulement au niveau le plus superficiel la limite entre la fin d’un organisme et le début de l’environnement qui le contient. Il y a des choses à l’intérieur du corps qui lui sont étrangères, tout comme il y a des choses à l’extérieur qui lui appartiennent de droit.

Les facteurs qui s’avèrent décourageants pour un enfant ou une personne qui ne possède pas un arrière plan solide d’expériences comparables constituent une invitation, pour ceux qui ont eu l’expérience de situations similaires dont ils peuvent s’inspirer, à utiliser leur intelligence pour réorganiser et convertir l’émotion en intérêt. L’impulsion née du besoin amorce une expérience qui n’est pas consciente de la direction qu’elle va prendre ; la résistance et les obstacles entrainent la conversion de l’action directe en ré-flexion, on se retourne en l’occurence sur la relation qui existe entre les conditions qui font obstacle et ce que la personne possède comme capital actif acquis grâce à des expériences antérieures. Comme les énergies ainsi sollicitées renforcent l’impulsion originale, celle-ci opère de façon plus circonspecte, avec une intuition de la destination et de la méthode. Tel est le schéma de toute expérience qui a un sens.

Toutefois ce qui est mis en oeuvre n’est pas seulement quantitatif (il ne s’agit pas seulement d’une quantité plus importante d’énergie), mais qualitatif et cela implique une transformation d’énergie en action réfléchie, de par l’assimilation de significations provenant de l’arrière-plan d’expériences passées.

L’acte est expressif seulement dans le mesure où il y a harmonie entre quelque chose qui a été emmagasiné lors d’une expérience passée, et donc qui a été généralisé, et les conditions présentes. Quand les manifestations de bonheur sont le fruit de l’enfant heureux, l’union de valeurs passées et d’incidents présents se réalise aisément, il y a peu d’obstacles à surmonter, peu de blessures à guérir, peu de conflits à résoudre. Avec des personnes plus mûres, nous sommes dans le cas contraire. Par conséquent, l’accomplissement de l’harmonie totale est rare ; mais quand il survient, il se produit à un niveau plus profond et avec un sens plus riche. Et à ce moment là, même après une longue gestation et les douleurs du travail, l’expression finale peut voir le jour avec la spontanéité du discours cadencé ou de la danse rythmée de l’enfant heureux.

Ce que William James a écrit à propos de l’expérience religieuse aurait très bien pu être écrit à propos de ce qui précède l’acte d’expression : « l’esprit et la volonté consciente de l’homme sont tendus vers un objet qui n’est imaginé que de façon imparfaite et inexacte. Pourtant, pendant tout ce temps, les forces de maturation purement organiques en lui se dirigent vers le résultat qu’elles-mêmes ont anticipé, et ses efforts conscients libèrent des alliés sub-conscients dans les coulisses, qui à leur façon travaillent à une réorganisation vers laquelle tendent toutes ces forces sous-jacentes, réalisation différente de ce qu’il conçoit et organise consciemment. Elle peut par conséquent être gênée (ou en quelque sorte étouffée) par ces efforts volontaires en direction de la véritable direction. Et d’ajouter : « lorsque le nouveau centre d’énergie a été incubé de façon sub-consciente assez longtemps pour être sur le point d’éclore, il faut absolument se conformer au mot d’ordre « pas d’ingérence », ce nouveau centre doit s’épanouir sans intervention extérieure.

Cette transformation (déplacer les émotions dans des voies indirectes) est de la même essence que le changement qui a lieu dans toute impulsion émotionnelle naturelle ou originelle, qu’elle qu’elle soit, quand elle prend le chemin indirect de l’extériorisation non contrôlée.

L’émotion esthétique est une émotion primaire transformée par le biais du matériau objectif auquel il a confié son développement et son accomplissement.

Nous vivons dans un monde caractérisé par une énorme quantité d’organisation, mais c’est une organisation externe qui n’est pas comparable avec l’agencement d’une expérience qui progresse et implique, de surcroit, la totalité de l’être humain dans sa marche vers l’accomplissement.

L’objet expressif

Un poème, un tableau, représentent un matériau qui est passé par l’alambic de l’expérience personnelle.

Le refus d’accorder un sens à l’art repose ordinairement sur la supposition que le genre de valeur (et de sens) possédée par l’oeuvre est à ce point unique qu’il n’a aucun rapport ni rien de commun avec les contenus des modes d’expérience étrangers à l’esthétique. Il s’agit, en bref, d’une autre manière de remettre en selle ce que j’ai appelé la vision esthétique des beaux-arts. La conception impliquée dans le traitement de l’expérience esthétique qui a été avancée dans les chapitres précédents est en effet que l’oeuvre d’art possède une qualité unique, mais que cette qualité consiste en une clarification et une concentration du sens présent, de manière affaiblie et disséminée dans le contenu d’autres expériences.

La science asserte un sens ; l’art l’exprime.

Asserter consiste à avancer les conditions sous lesquelles on peut faire l’expérience d’un objet ou d’une situation.

Ce qui appartient à la mémoire, sans être nécessairement conscient, mais qui agit par rétention organiquement incorporée dans la structure même du soi, nourrit l’observation présente. Ce sont les aliments qui donnent du corps à ce qui est vu. Retravaillés dans la matière de l’expérience nouvelle, ils fournissent son expressivité à l’objet nouvellement créé.

"Carnets ouverts" : notes partagées de ma lecture du livre de John Dewey "L’art comme expérience" (traduit de l’anglais (USA)) - éditions Farrago, 2005.

Pour aller plus loin :
- "Repartir à zéro comme si la peinture n’avait jamais existé" Présentation d’exposition, musée des Beaux-arts de Lyon
http://www.irisheyes.fr/ann-cremin-1-fr.html
- "L’art de rien" : atelier autour de Pollock avec une classe d’école primaire http://artsvisuelsecoleprimaire.over-blog.com/categorie-11273280.html

écrit ou proposé par Nolwenn Euzen mise en ligne le jeudi 13 novembre 2014