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Parfois je déchire, je découpe, je colle

"Écrire, c’est toujours prendre le risque de tout dire, même - et surtout - sans le savoir. Il faudra, si nous avons vraiment décidé d’écrire ce livre, dire tout. (Non pas dans le but de " tout dire", mais de donner, en écrivant, la liberté au tout.)"

Julio Cortazar



Mon "tout" est ici extrait de pages déchirées, découpées et collées d’un livre d’histoire de l’art conceptuel, en anglais, ramassé début janvier sur le trottoir à Vincennes. Il a été abandonné par un bouquiniste qui ne l’avait pas vendu. Ce livre n’a pas trouvé acquéreur ni rejoint ma bibliothèque mais il contenait des images à recycler.


Tableaux-poèmes


Pencil story, John Baldessari (1972)

Joan Miro ; Flux Year Box 2 de George Maciunas, contenant les œuvres d’autres artistes Fluxus (1967)

Jean-Michel Basquiat ; Stéphane Mallarmé "Jamais un coup de dés n’abolira le hasard"


Ce rêve du TOUT... D’un geste qui exprimerait notre totalité en même temps qu’il dirait la racine commune. Ce rêve d’une intelligibilité transparente...

A défaut d’un tout, je déchire, je découpe, je colle... Nourrie du simple plaisir de "faire jouer le tout avec le tout", sur l’impulsion de Michel Foucault. Portée par celle de Julio Cortazar : "donner la liberté au tout".


Façade in situ de Daniel Buren, Niki de Saint Phalle

Arman, Hommage à Yves Klein ; Marcel Duchamp, Ready made

One Hundred Live and Die (1984), Bruce Nauman & Fontaine, Marcel Duchamp (1917)

Jean Dubuffet ; Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q.

J’ai saisi l’occasion de faire dialoguer, s’entrechoquer, quelques grands artistes et grands courants de l’histoire de l’art les uns avec les autres. J’en ai éprouvé une vraie libération.

J’exprime ce que j’ai du mal à entendre ailleurs que lorsque je me saisis de chefs d’oeuvre pour les découper selon mes idées, pour les lire à ma taille.

Ces collages vous ont plu, composez les vôtres. Il suffit pour cela de réunir quelques images de chefs d’oeuvre qui vous sont chers. Une fois pris conscience de l’idée qui vous a conduit à l’un d’eux, choisir une image contraire et rapprocher ces deux images pour former une opposition. Petit à petit, vous exprimez la liberté du tout.

A l’occasion de La journée du libre, la bibliothèque Louise Michel (Paris 20è) a organisé un atelier de détournement d’images du domaine public. Célébrons les espaces où donner la plus grande liberté au tout est possible dans l’image, dans le texte... "Le mot chien ne mord pas", nous l’avions crûment oublié... et "le renard est un mot qui ruse"...

écrit ou proposé par Nolwenn Euzen mise en ligne le lundi 2 février 2015