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REVUE LA MOITIE DU FOURBI : TRAHIR / octobre 2015

Curiosité de rencontrer ce que promet la couverture de la Moitié du fourbi au graphique sobre et élégant. Pour le premier numéro lancé en février 2015, le rideau s’était ouvert sur la proposition « Ecrire petit », une entrée qui nous ramenait à ce que la littérature dit de mieux des grandes choses, du monde qu’elle prend en charge et de la façon dont elle y parvient - sans gloire. Cette revue, n’est pas entièrement une revue de création mais un voyage critique qui réussit le pari d’allier l’érudition littéraire à des objets d’investigation hors normes souvent surprenants.

De parution semestrielle, le second numéro est paru en octobre à partir d’une proposition incorrecte mais fertile en littérature : « Trahir ». Cette nouvelle investigation traite un dossier important : transgression du statut de l’information gouvernementale rendue publique (la révolte des hackers) dans un entretien avec le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie.
La proposition plonge dans les ombres sans nom de l’histoire, l’artiste Kurt Gerron utilisé et assassiné dans les camps nazis, objet d’un roman en cours prometteur par Hélène Gaudy. `
Place à quelques fondamentaux de l’histoire littéraire saisis par des auteurs ici à l’oeuvre dans l’exercice critique (Anthony Poiraudeau, Romain Verger, Anne-Françoise Kavauvea, Zoé Balthus) : Annie Ernaux traître de ses origines, Raymond Carver corrigé jusqu’à trahison par son éditeur Gordon Lish, Aharon Appelfeld soumis à la langue native du bourreau, Marina Tsvétaieva entre poésie et dépassement ultime.
Autres regards personnels : Sarah Cillaire, trahison intime, Clémentine Vongole traître des peurs inciviles, Alain Giorgetti et une promesse électorale : 1981, Hugues Leroy, ce qui fait trahison c’est l’aveu de culpabilité au nom d’une idéologie qui en fait son miel (voir procès de Moscou) ; Frédéric Fiolof, une imposture ; Jean-Yves Jouannais, la guerre comme blague dans la vie d’un soldat nazi, Marie Cosnay, Enée dans l’actualité insalubre.
Sans oublier la localisation des traîtres dans la Divine Comédie, magnifique fenêtre sur le dessin par Guillaume Duprat, ainsi q’une trahison par l’image et quelques irritations de mon cru, relayées par les "99 notes préparatoires à une trahison" de Frédéric Forte.
Le volume a passé le comité de censure, et promet à qui veut prendre le temps de sa promesse une trahison - parution (pardon) - du prochain numéro !

La moitié du fourbi : octobre 2015 revue littéraire, 111 p., 14 euros
Commander en ligne ou voir liste de la diffusion en librairies sur le site
lamoitiedufourbi.org

écrit ou proposé par Nolwenn Euzen mise en ligne le samedi 31 octobre 2015