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Le dérèglement mathématique des controverses, Philippe Castelneau #vases communicants

Image : Neandertal à la Factory P. Castelneau

Philippe Castelneau est l’auteur de plusieurs livres numériques aux éditions Numerik livres, KDP, et Publie.net. Il est nouvellement fondateur, avec 3 compagnons de route, de la revue graphique et littéraire « La piscine » dont le premier numéro vient de paraître. «  rien que du bruit » est le blog qu’il tient depuis 2012 à la manière d’un « carnet d’écriture », « journal extime ». Un site de partage de textes d’invention, photos, à propos de lecture, de cinéma ou de musique. Curieux des outils numériques, il expérimente des dispositifs d’écriture à l’aide de logiciels étonnants tels que « cut-up machine ».

Pour notre échange à l’occasion des « vases communicants », nous avons retenu de composer sur une citation choisie dans le blog de l’autre. Retenu aussi un outil : le générateur de texte.

Philippe s’est inspiré de ma phrase :

"Quelque chose d’impossible plié à l’intérieur"

« l’homme de Néandertal ne voyait pas le monde de la même façon que nous » Jean-Jacques Hublin

Quelque chose d’impossible plié à l’intérieur fait briller à ma bouche l’extinction de millions de planètes anthropophages. On envisage désormais la dépression comme un legs de nos lointains cousins : c’est la répartition robuste de l’incertain dans la guirlande de mon ADN, la mathématique des pierres.
Égaré dans les vallées vénéneuses du religieux, j’ai le sentiment de l’irrésolu, la bohème en héritage. La société reconnaissante chemine dans le séquençage de l’homme nouveau, elle oublie l’usure intermédiaire, le métabolisme fossile des origines. Le langage est pourtant la manifestation première du feu.
Le dessin anatomique est un traumatisme naïf, et la sépulture immunitaire recouvre à bon compte les stigmates du passé. Moi, je chante l’hybridation des peuples, la spirituelle anomalie. Je trace des croix dans le sel des étoiles, je suis l’artisan de mes sensibilités culturelles. Je pratique le rite païen du soleil sur ma peau animale, mais j’ai quand même retrouvé suspendu à mon clocher le culte de l’excessive vanité. Depuis, j’observe les indices confus, l’arrivée progressive des dérèglements, le retour des caractères archaïques qui annoncent la disparition du système. Je conteste la matérialité, l’esthétique de poche. L’art viral est distinct de l’art, c’est l’art premier contemporain. Je célèbre une culture de poings, l’infection des formes, la controverse. Je revendique les causes ingénues, les préoccupations incertaines. Je pleure des larmes de plomb, l’indéchiffrable à mes lèvres crevées : l’éternité submerge mes yeux malades aux pigments complexes.

Lire "Paroles en longueurs de tissus fripés" sur rien que du bruit composé à partir de la citation :

« Les sons se mêlent au corps, le cœur suffoque et je cours dans la perspective des mots. »

Les Vases communicants se déroulent tous les premiers vendredis du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de François Bon et Jérôme Denis. Marie-Noëlle Bertrand coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le rendez-vous des vases. Il existe aussi une page Facebook. Aux blogueurs de définir un thème, d’associer images ou son à leur texte et d’écrire sur le blog de l’autre.

écrit ou proposé par Nolwenn Euzen mise en ligne le vendredi 4 mars 2016