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Du blog à la scène : Les vases communicants donnent de la voix

jeudi 2 mai 19H Médiathèque Faidherbe 75011 Paris

Les voix, les écrits, productions sonores, visuelles, se croisent dans les « vases communicants » chaque premier vendredi du mois sur Internet. Le dispositif est entièrement ouvert, les échanges se créent de manière spontanée entre blogueurs. Blogueurs-écrivains dont les univers se croisent, entrent en contact, blogueurs inconnus pour échanger dans le hasard de la rencontre dans le geste d’écrire et publier. La page facebook des vases communicants, ou encore les contacts directs via les blogs des auteurs, permettent de construire les duos (si l’on ne se connaît pas déjà).

Lancée par quatre écrivains familiers du web : François Bon, le collectif Scriptopolis, Pierre Menard, Anne Savelli, ce noyau initial échange régulièrement depuis 3 ans, multiplie les échanges, les croisements d’univers, les passerelles de blogs, sites à d’autres blogs et sites. Tandis que la constellation de blogueurs se noue et se déplace s’élargit. Aucune direction revendiquée n’est donnée au rendez-vous si ce n’est ce dispositif de capillarité des écritures et la nécessité de faire avec un autre.

Cet exercice réjouit les amoureux du jeu avec l’autre et soumet à plus rude défi les misanthropes, blessés de guerre ainsi que tous les handicapés relationnels. Nos bibliothèques infernales et silencieuses (« l’enfer c’est les autres ») nos bibliothèques sartriennes, camusiennes, cioranesques, beckettiennes, d’autres merveilleuses encore, que pouvons-nous leur faire dire dans ce défi littéraire du premier vendredi du mois où Ecrire est : Ecrire + autre (autre que moi ? quel autre ?). Cette pratique déconstruit. Je pense à cette expression « monument moins contestable » (Christophe Honoré / « Nouveau Roman » / Théâtre de la Colline). De monument moins contestable, de la célébration (essentialisation ! / l’essence ça prend feu ) de l’Auteur, du texte, je pense aussi à l’indicible ... Moins contestable, l’indicible ? (je ne réponds pas mais là, j’ai envie de dire laissons sa place à la psychanalyse, aux thérapeutes). Il y a bien souvent une personne qui peut devenir un « monument moins contestable » qui n’est personne d’autre que nous. Nous, écrivains.

Une fluidité, une écoute. / Jazz ? Et de là un autre qui vient (faut-il une bibliothèque husserlienne pour le comprendre ? Quelle bibliothèque faut-il pour le comprendre ? Quelle place à la bibliothèque dans la réponse ? Sans doute un « monument moins contestable ». Nous y revoilà encore !

Ce soir, jeudi 2 mai à 19h, 15 auteurs viendront lire, projeter, un de leur échange créé dans les « vases communicants ». L’idée est venue autour d’une table. Mathilde Roux, Christophe Grossi, Céline Renoux, Julien Pauthe et moi prenions un verre. Notre point commun à tous était d’avoir chacun participé aux rendez-vous des « vases communicants ». J’ai fais germer l’idée d’essayer une session non plus seulement sur la toile mais sur scène, qui permettrait de s’exprimer en direct.

L’idée a muri et fini par trouver sa forme, un lieu (Marie Chevriau a soutenu l’idée), des moyens techniques (rétroprojecteur, micro, ampli, ordinateur portable, connexion internet). La construction du programme a été délicate (le nombre de participants étant limité, comment décider des invités ?, y-a-t-il des « invités » ?) Pour cette session c’est Mathilde Roux qui a adressé la plupart des invitations reçues avec enthousiasme. Recueilli les textes et images des uns et des autres. J’interviens comme participante et sur la gestion technique. Un peu comme le personnage d’Agnès Jaoui : « Mais tu crois que tu vas la réussir comment ton émancipation technologique ? » lui demande Bacri-personnage dans « Au bout du conte ». Un petit défi technologique pour moi donc et un passage, un test, dans la construction d’un « monument moins contestable ».

écrit ou proposé par Nolwenn Euzen mise en ligne le jeudi 2 mai 2013